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8 commandements pour réduire la mortalité des veaux

8 pratiques d’élevage spécifiques permettent de diminuer le taux de mortalité des veaux de façon à optimiser la rentabilité des exploitations.

Témoignage

« Il y a deux temps forts à ne pas manquer pour la survie des veaux : la préparation au vêlage et les soins à la naissance. De façon générale, plus l’éleveur agira de façon préventive et sera réactif au moment du vêlage, et plus le veau sera résistant. »

Christian BERGER
Xpert OPTIMA

En France, la mortalité moyenne des veaux de 0 à 6 mois est de 13% en élevages laitiers. Les problèmes sanitaires sont donc une réalité, et leur incidence sur l’économie des exploitations a tendance à s’accroître. Mais cette moyenne cache de très grosses disparités entre élevages.


Nous avons rencontré Christian BERGER, Xpert Optima, afin qu’il nous présente les différentes pratiques d’élevage qui permettent de diminuer les facteurs de risque pour la santé des veaux.

 

Préparer la bonne santé du veau avant le vêlage

 

Christian Berger - Xpert Optima XR Repro

La préparation au vêlage est un moment-clé dans la conduite d'élevage. Elle conditionne pour beaucoup les aspects mécaniques du vêlage, la santé du futur veau, puis le retour des fonctions de reproduction de la vache.

 

 

« Il existe 3 bonnes raisons de soigner la préparation au vêlage, explique Christian BERGER. La première est mécanique. Une bonne préparation au vêlage favorise la tonicité de la matrice, les contractions dynamiques et l'expulsion du veau. Elle limite les risques sanitaires inhérents, comme les non délivrances et les métrites. La deuxième bonne raison est liée à la santé. La préparation au vêlage permet la naissance d'un veau vif et tonique, mais aussi la production d'un colostrum riche qui déterminera pour l'essentiel l'immunité du veau. Le troisième intérêt est la reproduction. Une bonne préparation au vêlage permet de développer un appareil génital dynamique et tonique, d’avoir un développement folliculaire soutenu, une reprise du cycle plus rapide et un intervalle vêlage-vêlage amélioré. »

 

Pour réussir cette préparation au vêlage, voici les pratiques recommandées par notre Xpert Optima…

 

1. La ration doit être équilibrée, de façon à ce qu’au moment du tarissement, la vache ait une note d’état corporel d’environ 3. Cette note ne doit pas varier, ou très peu durant le tarissement, car c’est pendant les 8 à 10 dernières semaines de la gestation que les veaux prennent environ 70% de leur poids. Il faut donc suffisamment de ressources à la vache pour que la croissance du veau soit optimale.


2. Le tarissement de la vache laitière doit avoir une durée de 6 à 9 semaines, suivant sa production au moment du tarissement et son nombre de lactations. Il est important de ne pas négliger cette phase puisque c’est pendant le tarissement que la vache refait ses réserves et que se prépare la lactation et la reproduction suivante.


3. Il faut éviter toute carence minérale afin de favoriser une croissance et une santé optimale du fœtus. Il est recommandé de mettre en place une complémentation minérale adaptée au moins 30 à 40 jours avant vêlage. Cet apport d’oligo-éléments et vitamines permettra de booster l’immunité du veau via le colostrum. Cette complémentation pourra également permettre à la vache, dans un premier temps, d’avoir une meilleure dilatation des muscles internes et externes du bassin, ainsi qu’une dilatation de la vulve. Cela permettra de faciliter le vêlage et éviter du stress au veau au moment de l’expulsion.


4. Quelques jours ou quelques heures avant vêlage, il est recommandé d’isoler la vache dans un parc ou une case de vêlage ; un endroit au calme, propre et sec, avec de la paille et de l’eau en abondance. En plus d’augmenter les chances de survie du veau, cette pratique rendra le travail plus facile pour l’éleveur et pour le vétérinaire en cas de vêlage compliqué.


5. Lorsque la vache est isolée, l’éleveur doit effectuer une surveillance rigoureuse afin de pouvoir intervenir en cas de besoin. Il est préférable de laisser la vache mettre bas sans aide extérieure et de n'intervenir que si elle éprouve des difficultés manifestes. Dans ce dernier cas, il est fortement recommandé à l’éleveur de désinfecter ses mains et la vulve de l’animal, ainsi que de porter des gants.

 

Une fois le veau né, rien n’est encore gagné. En effet, sa santé est un équilibre fragile entre ses défenses immunitaires et les agents pathogènes qui l’entourent. L’éleveur doit alors continuer sa surveillance.

 

Les premières heures de vie du veau

 

Veau-XR Repro

 

La viabilité du veau va se jouer dans ses premières heures de vie. Après 9 mois dans le ventre de sa mère, le veau naissant va être confronté à des changements brutaux : déclenchement de la respiration, adaptation à la température ambiante, présence d'agents pathogènes dans l'environnement. Il est d'autant plus exposé qu'il naît stérile et sans défense.


« Si une bonne partie des chances de survie du veau se sont jouées bien avant le vêlage, continue Christian BERGER, les évènements de ses toutes premières heures vont conditionner sa survie immédiate et, même, bien au-delà ! »


Trois précautions sont donc vivement recommandées …

 

6. Le cordon ombilical est une porte d'entrée des bactéries. Une attention toute particulière est donc à porter à l'hygiène de la zone de vêlage et au nombril. Il est conseillé de traiter le nombril avec de la teinture d'iode pour prévenir les risques d'infection locale et favoriser la cicatrisation ombilicale.

 

7. Le veau est très dépendant, pendant les premières semaines, des anticorps transmis par sa mère via le colostrum. La valeur nutritive de ce « premier lait » va commencer à diminuer quelques heures après vêlage. Il est donc primordial que le veau ait accès au colostrum assez rapidement une fois né. Il a été déterminé que le moment le plus favorable pour l'absorption des anticorps par l'intestin grêle du veau se situe dans les 4 à 8 premières heures de vie. De plus, il est recommandé de vérifier la qualité du colostrum à l’aide d’un réfractomètre. Dans le cas d’un colostrum de mauvaise qualité (<50g d’IgG/L), l’éleveur pourra le compléter avec du colostrum acheté sous forme de pâte.

 

8. De la naissance à l’âge de 3 mois environ, il est conseillé que les veaux soient logés séparément afin de limiter le risque de transmission de maladies. Lorsqu’ils sont en nurserie, les lieux doivent être désinfectés et l’éleveur doit veiller à l’hydrométrie, à la vitesse de déplacement de l’air et éviter la stagnation des jus d’urine qui augmentent le risque d’infection du nombril notamment. 

 

« L’ensemble de ces recommandations peuvent être perçues comme contraignantes par certains éleveurs, termine Christian BERGER. Mais, il semble important de rappeler que le temps investit à la période des vêlages sont les heures les plus payantes de l’année ! La rentabilité des exploitations est directement liée à l’habilité de l’éleveur à faire vêler ses vaches dans les meilleures conditions, afin d’optimiser leur lactation et produire des veaux en bonne santé pour assurer le renouvellement de son troupeau. »

 
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