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l'intérêt du pointage, Par Charlotte Gayet, Xperte CREA

Depuis l’avènement de la génomique et du génotypage, la nécessité de recourir au pointage apparaît moins évidente pour de nombreux éleveurs. Charlotte GAYET nous éclaire sur l’intérêt de cette pratique…

Témoignage

Le pointage est un outil complémentaire du génotypage. Notre rencontre annuelle et espacée dans les exploitations nous permet de porter un regard extérieur sur le troupeau pour amener de vrais conseils aux éleveurs.

Charlotte GAYET
Xperte CREA

Depuis l’avènement de la génomique et plus spécifiquement du génotypage, la nécessité de recourir au pointage apparaît moins évidente pour de nombreux éleveurs. Technicienne Pointeuse en race Montbéliarde, Charlotte GAYET nous éclaire sur l’intérêt de cette pratique...

 

Le pointage : un métier choisi par passion !

 

Totalement mordue de génétique Montbéliarde, Charlotte GAYET a choisi de vivre sa passion en tant que Pointeuse, d’abord chez Montbéliarde Association, pendant plus de deux ans, puis chez XR Repro qu’elle a rejoint en 2014. Chaque année, c’est environ 2300 vaches qui sont évaluées par ses soins. Autant dire que son métier, elle le connaît ! Très pointue dans son expertise, Charlotte effectue également des accouplements pour le schéma Umotest et des rendus de génotypages.

 

« Par la connaissance fine du potentiel génétique des animaux dès leur plus jeune âge, la génomique a révolutionné notre façon de travailler les accouplements, explique-t-elle. De plus en plus d’éleveurs y ont recours et peuvent ainsi bénéficier de l’évaluation morphologique de leurs animaux, avec un nombre d’index qui évolue. Pour autant, le pointage reste une pratique complémentaire au génotypage. »

 

En quoi consiste de pointage ?

 

« Le pointage est une collecte d’informations morphologiques des animaux qui s’effectue idéalement sur des primipares, au minimum une fois par an. Lorsque je suis dans un élevage, je passe chaque animal en revue et regarde différents postes rentrant dans la table de pointage, comme par exemple le bassin, que ce soit l’inclinaison ou tout ce qui est dimension de hanches. Ensuite on regarde l’éclatement, la largeur de poitrine, sa profondeur de flanc, sa taille, etc. Enfin, je vais regarder les postes un peu plus bas comme la mamelle et tout ce qui s’y rapporte : les trayons, les attaches, le développement. Je regarde aussi les aplombs, comment la vache se déplace et son aptitude bouchère. Le pointage est une donnée brute que je rends à l’éleveur au même titre qu’un contrôle laitier va lui dire que sa vache fait 30 kg de lait. La performance morphologique se mesure et apporte une vision extérieure sur les défauts et les qualités des animaux. Les données permettent ensuite de produire un index morphologie pour chaque animal pointé. »

 

Charlotte Gayet - Pointer 2

 

Quels sont les avantages du pointage ?

 

Pour le Schéma Umotest, le pointage reste nécessaire car il permet de confirmer ou d’infirmer les index génomiques. La science évolue, mais il est toujours important de retourner sur le terrain pour vérifier que les taureaux qui étaient sensé transmettre certains caractères le fassent réellement. On fiabilise ainsi leur index en gardant des Coefficients de Détermination importants.

Pour les éleveurs, le pointage garde aussi toute son importance ! Ceux qui ne souhaitent pas génotyper en ont besoin, car si demain ils arrêtent de pointer leurs animaux, ils n’auront plus d’index morphologiques sur le troupeau et plus d’ISU. C’est un gros souci lorsque l’on souhaite sélectionner ses animaux. Dans ce cas, l’éleveur peut utiliser les calculs sur ascendances et/ou se fier à son «œil». Mais ces deux techniques manquent de fiabilité et conduiront à un ralentissement de l’accroissement du potentiel génétique de son élevage.


Quand les éleveurs ont recours au génotypage, le pointage permet de les rassurer. En comparant les résultats du test sur les index morphologiques et les résultats de pointage, nous pouvons leur prouver que le génotypage est un outil fiable qui leur permet d’obtenir rapidement des progrès génétiques visibles.

A contrario, quand nous retrouvons des différences entre les deux analyses, nous sommes capables d’alerter l’éleveur car il ne faut pas oublier que l'effet milieu a un rôle important dans l'expression du potentiel génétique ! Un génotypage peut exprimer le fait qu’une femelle a le potentiel de développer telle faculté, mais ne garantit pas qu’elle l’exprime réellement. Et c’est aussi cela qui est intéressant, moteur d’échanges et d’améliorations.


Notre rencontre annuelle et espacée dans les exploitations nous permet de porter un regard extérieur sur le troupeau, et évite de subir un effet d’érosion lente à force de voir trop régulièrement les femelles. C'est comme un ami que l'on voit maigrir un peu chaque jour ou que l'on retrouve plusieurs mois après avec 15 kilos de moins ! L'effet produit n'est pas le même. Par son regard extérieur et l’évaluation morphologique précise des animaux, le Pointeur voit si les femelles correspondent aux objectifs de l'éleveur. Il peut alors l’orienter dans l'évolution de sa stratégie, entre renforcer la génétique ou jouer sur l'effet milieu. Lors de ces échanges, j’aborde tous les sujets liés à la ferme : comment s’est passé la campagne laitière ? Est-ce qu’il y a eu des soucis en repro, en boiterie, dans le bâtiment, au vêlage ? L’éleveur a-t-il eu assez de femelles ? etc. Nous travaillons vraiment ensemble pour trouver des solutions à leurs problèmes. C’est gratifiant d’avoir l’impression d’apporter une plus-value.

 

Les éleveurs nous en parlent !

 

Sylvain FERLAY Charlotte Gayet - GAEC DU BOIS PILE

 

Sylvain FERLAY, Président du Syndicat Montbéliarde du Rhône est associé depuis 2006 sur le GAEC DU PETIT PONT, où il gère un troupeau de 60 Montbéliardes à la traite toute l’année.


Depuis plusieurs années, il utilise les 2 outils que sont le génotypage et le pointage, et n’est pas prêt de s’arrêter !


« J’ai fait le choix de pointer, en plus de génotyper mes femelles, car le regard et l’expertise du Technicien est important. Il me rassure dans mes choix génétiques et de sélection. La comparaison des résultats de ces deux outils me permet d’identifier d’éventuels dysfonctionnements au sein de l’environnement de mes animaux, et ainsi de pouvoir y remédier. L’écart entre le progrès génétique attendu et les index obtenus me permettent aussi d’identifier les taureaux améliorateurs sur mon exploitation et ceux qui ne le sont pas. Enfin, le pointage m’aide à trier mes animaux sur des critères morphologiques afin d’obtenir un troupeau le plus homogène possible, constitué de vaches résistantes, puissantes et solides. »

Demander le passage du pointeur

 

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