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Le génotypage, un atout pour mieux connaître les ascendants

Philippe Court est éleveur de bovins allaitants de race charolaise, installé depuis 1992 sur le plateau du Coiron en Ardèche. Passionné de génétique, il a recours au génotypage depuis quelques années pour mieux connaître son troupeau et affiner sa sélection.

Témoignage

Ce qui rend le génotypage particulièrement intéressant, c’est la possibilité d’identifier à la fois des gènes d’intérêt et des tares d’élevage, comme l’ataxie, un gène récessif. En sélectionnant des taureaux non porteurs de ce gène, on élimine ainsi le risque d’ataxie.

Philippe Court
Éleveur Charolais
Témoignage

Le génotypage permet de choisir plus tôt, plus sûrement et plus efficacement les animaux qui construiront le troupeau de demain. 

Hélène Rivière
conseillère allaitante

Avec ses 55 vaches allaitantes de race charolaise, Philippe Court a toujours fait inséminer ses animaux. « Je fais partie du schéma de sélection Charolais Univers », dévoile-t-il.

Depuis de nombreuses années, il génotype certains mâles dans son élevage « qui sont susceptibles d’entrer dans le schéma de sélection pour l’insémination ».

Depuis deux ans, il a étendu le procédé aux femelles, afin de sélectionner les meilleures génisses et « de produire des mâles pour l’insémination ».


Recherche de gênes d’intérêts et élimination des tares


Concrètement, le génotypage, comment ça marche ? « C’est très simple », selon l’éleveur.

Cela consiste à prélever un échantillon de sang ou de cartilage sur l’oreille, à deux ou trois mois du veau, afin de connaître précisément les index des animaux et donc, leur valeur génétique.

Les index agissent comme des boules de cristal scientifique. « Avec ce prélèvement, on obtient tous les index de sélection comme la facilité de naissance, la valeur laitière, les qualités maternelles, le développement musculaire et squelettique… », énumère l’éleveur.

Si le génotypage permet de détecter des caractéristiques comme le gène sans corne, « ce qui rend le génotypage particulièrement intéressant, c’est la possibilité d’identifier à la fois des gènes d’intérêt et des tares d’élevage, comme l’ataxie, un gène récessif. En sélectionnant des taureaux non porteurs de ce gène, on élimine ce risque », abonde Philippe Court.

Le génotypage, permet également d’identifier les gènes responsables de la naissance de veaux aveugles ou encore les tares liées au gène récessif culard. Cet outil aide aussi à repérer des gènes bénéfiques, comme le gène MH Beef, qui favorise la production de viande sans les inconvénients du culard.

 

Un index fiable ?


Si le facteur environnemental joue également un rôle dans la génétique de l’animal, l’expertise et l’observation de l’éleveur restent des conditions sine qua non. Le génotypage permet simplement de confirmer scientifiquement les valeurs recherchées, notamment en matière d’ascendance.

« Plus on a d’antécédents connus, plus l’index est fiable, surtout quand on connaît bien les antécédents du côté paternel. Cela me permet également de sélectionner les génisses que je vais garder », explique l’éleveur. Bien qu’il ait totalement intégré le génotypage dans sa stratégie d’élevage, Philippe Court reconnaît qu’il est préférable de commencer le plus tôt possible pour garantir la fiabilité des index.

Philippe Court et genisses 2

Philippe Court a étendu le génotypage à ses génisses afin d’affiner la sélection
et ne conserver que celles avec un meilleur index, pour son troupeau.

 

Plus le coefficient de détermination (CD) est élevé (près de 100) plus l’index est fiable. À l’inverse, plus il s’éloigne de 100, moins il est précis. En effet, plus les éleveurs auront recours au génotypage, plus le progrès génétique au sein de filière charolaise sera important et ainsi les animaux pourront répondre au mieux aux attentes de cette dernière.

Grâce à ces données, l’éleveur peut privilégier les vaches avec un meilleur index et éviter les mauvaises surprises. « Par exemple, certaines vaches qu’on pensait avoir une bonne valeur laitière en produisent finalement moins, alors on privilégie celles avec un meilleur index. »

Pour un éleveur qui débute dans le génotypage, Philippe Court conseille avant tout de « commencer, par éliminer toutes les tares, et d’acheter des taureaux déjà génotypés pour avoir une souche connue ». ©𝑀𝑀

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