Tout a commencé en 1995…
Lorsque Serge Lacaze découvre les premières applications de l’OPU-FIV au milieu des années 1990, il est alors salarié de l'ancienne coopérative Midatest, l'une des entreprises de sélection qui fusionneront en 2016 pour créer AURIVA-Elevage.
« La technique n’en est alors qu’à ses débuts et est encore réservée à quelques équipes de recherche dans le monde, précise Serge Lacaze. Et c’est un privilège de pouvoir me former, en 1995, à l'Université d'Utrecht, aux Pays-Bas, directement auprès du professeur Pieterse, parmi les pionniers Européens de l'OPU-FIV. C’est au sein de cette équipe que les chercheurs y réalisent, en 1987, les premiers prélèvements d'ovocytes bovins guidés par échographie transvaginale, une étape fondatrice de ce qui deviendra l'OPU moderne.
A mon retour à Denguin, nous avons commencé les prélèvements, se souvient encore Serge Lacaze. À l’époque, les ovocytes collectés dans le Sud-Ouest étaient maturés à la station puis envoyés par avion à l'UNCEIA(2) à Maisons-Alfort, pour être fécondés avant de revenir quelques jours plus tard sous forme d’embryons. Mais l’intérêt de multiplier massivement quelques femelles restait limité. Les schémas de sélection privilégient alors la diversité plutôt que l’intensification.”
La génomique révèle le véritable potentiel de l’OPU-FIV
Le tournant intervient à partir de 2008. « Quand la génomique est apparue, il n’y avait plus aucune raison de ne pas intensifier la production d’embryons sur les meilleures vaches », explique Serge Lacaze. « En 2009, AURIVA décide d’accélérer et renforce son expertise avec l'arrivée du Dr Gisèle Gamarra. »
Ancienne directrice d'un laboratoire de recherche au Pérou et spécialiste de l'OPU-FIV, elle participe à la création du laboratoire de fécondation in vitro de Denguin. Elle contribue, en partenariat étroit avec les équipes de l’UNCEIA, à faire franchir une nouvelle étape à la maîtrise de cette technologie, avec un important travail de recherche sur la qualité embryonnaire, la congélation et l’utilisation de la semence sexée.
Les résultats progressent rapidement. Le nombre d’embryons produits par séance augmente, tandis que les performances des embryons congelés deviennent comparables à celles obtenues avec la transplantation embryonnaire classique.
Quand les champions européens viennent à Denguin
La réputation d'AURIVA en OPU-FIV ne s'est pas construite uniquement auprès des éleveurs français. Au fil des années, les performances obtenues à Denguin ont attiré plusieurs élevages de référence en Europe.
Des élevages Suisses comme Morandale ou les frères Schrago ont confié leurs meilleures femelles aux équipes d'AURIVA. Parmi elles, la célèbre Suard-Red Jordan Irène EX-97, figure parmi les animaux les plus emblématiques de l'élevage laitier européen, également sacrée championne mondiale Red Holstein. Elle est aujourd'hui considérée comme l'une des vaches rouges les plus influentes de sa génération.
« Ils nous l'ont amenée deux fois de suite en pension et nous avons produit près de 200 embryons sur cette vache », raconte Serge Lacaze. « En 2017, lors d’un séjour à Denguin, elle a produit plus d'une centaine d'embryons sexés issus de quinze accouplements différents. »
Serge Lacaze évoque également d’autres élevages de renom, de différentes races aussi, comme ces « braves » élevées pour la corrida espagnole, qu’il était difficile de faire venir en station…. Pendant plusieurs années, les équipes d'AURIVA ont réalisé des prélèvements d'ovocytes en élevage avant de les acheminer jusqu'au laboratoire de Denguin pour la fécondation in vitro. « Cela nous a permis de développer la technique », souligne Serge Lacaze.
Cette expérience internationale a participé à la montée en compétence du laboratoire béarnais et à sa reconnaissance au-delà des frontières françaises. Pour Serge Lacaze, l'accueil de telles références a constitué un accélérateur de notoriété : « Les éleveurs voyaient les résultats et cela nous a permis de développer notre réputation. »
Une expertise reconnue bien au-delà des frontières
En janvier 2026, AURIVA-Elevage participait au 52ᵉ Congrès annuel de l’International Embryo Technology Society (IETS), rendez-vous incontournable des acteurs internationaux de la biotechnologie de la reproduction animale, organisé cette année à Panama.
À cette occasion, Giselle Gamarra a présenté les résultats du travail intitulé “How Many Is Too Many? Evaluating the Effect of Repeated OPU Sessions in Dairy and Beef Cattle”. Cette étude met en évidence qu’au fil des sessions répétées d’OPU, une diminution du nombre d’ovocytes collectés peut être observée. Toutefois, les résultats montrent également que la qualité embryonnaire ainsi que les performances en production in vitro restent maintenues.
En parallèle, AURIVA-Elevage poursuit activement le développement des activités OPU-FIV sur le terrain. Les programmes se renforcent et les moyens déployés s’intensifient afin d’accompagner au mieux les éleveurs dans leurs projets génétiques. Ces technologies offrent des solutions complémentaires aux schémas de reproduction traditionnels, avec pour objectifs d’accélérer la diffusion du progrès génétique et d’optimiser les performances technico-économiques des élevages.
Contrairement à d’autres acteurs qui ont choisi de s’appuyer sur des réseaux ou des licences, AURIVA a fait le choix de développer ses compétences en interne et de conserver la maîtrise complète de ses protocoles.
Aujourd’hui, alors que l’OPU-FIV est largement utilisée en Amérique du Nord pour valoriser les femelles d’élite et en Amérique du Sud pour diffuser massivement le progrès génétique, l’Europe entre à son tour dans une phase d’accélération.
L’arrivée de l’OPU-FIV en ferme marque ainsi une nouvelle étape. Plus qu’un nouveau service, elle constitue l’aboutissement d’une stratégie engagée depuis près de trente ans au service de la génétique et de la compétitivité des élevages. Trente ans plus tard, le site de Denguin est devenu l'un des centres français de référence en OPU-FIV bovine, capable d'accompagner des éleveurs venus de toute l'Europe, mais aussi, plus près de nous, les éleveurs des coopératives adhérentes à AURIVA qui peuvent désormais accéder à une offre exclusive d’OPU-FIV en ferme !
(1) ponction ovocytaire échoguidée suivie de fécondation in vitro
(2) Union Nationale des Coopératives d'Élevage et d'Insémination Artificielle devenue Eliance