My XR

Le mag

La génétique, une affaire de famille !

« Assez rapidement, nous avons pratiqué le génotypage pour voir où se situait le niveau génétique de notre troupeau. Aujourd’hui, c’est tout le troupeau qui est génotypé. Avec cela, nous nous sommes aperçus qu’il y avait des souches très intéressantes à travailler."

Depuis 2018, quand on a commencé à génotyper, on a tout de suite détecté énormément d'animaux qui ont pu intégrer le schéma de sélection. Lionel a parlé de l'évolution de la génétique de son troupeau. Aujourd'hui, en 2022, ce sont 25 génisses génotypées à plus de 158 points d’ISU.

Willy Quiron-Blondin
Technicien de Race Montbéliarde

Lionel CARRET, en GAEC familial avec sa femme et son cousin au GAEC de Pomeyrieux à Courzieu, est passionné de génétique Montbéliarde. Installé sur une exploitation de 120 hectares, il possède 70 vaches laitières essentiellement de race Montbéliarde avec quelques Prim’Holstein. A peu près un tiers du lait produit par les vaches est transformé en vente directe, et le reste est vendu à la coopérative Sodiaal.

 

Ferru de génétique, Lionel CARRET nous raconte…

« Assez rapidement, nous avons pratiqué le génotypage pour voir où se situait le niveau génétique de notre troupeau. Aujourd’hui, c’est tout le troupeau qui est génotypé. Avec cela, nous nous sommes aperçus qu’il y avait des souches très intéressantes à travailler. Ce qui est intéressant, c’est que visuellement nous étions loin de s’imaginer que c’étaient ces souches là qu’il fallait mettre en avant par rapport à d’autres. Du coup, avec Willy nous accouplons les femelles en fonction des résultats du génotypage.

Par la suite nous avons posé des embryons issus de la station. Nous avons pu intégrer à notre troupeau de nouvelles souches, et en 2016 une première génisse est née : MELODIE. Elle nous a donné une fille, qui a été transplantée en ferme, et qui elle-même nous a donné STAR. STAR a un très bon niveau génétique. Nous l’avons amenée au Show Open de St Étienne et elle a obtenu le premier prix de section, ainsi qu’une mention honorable à la suite du parcours. En tout, ce ne sont pas moins d’une quinzaine d’embryons de la station qui ont été posés sur l’exploitation. Parfois sur chaleurs naturelles, et sur des animaux qui n’avaient pas de très bon potentiel génétique.

A l'occasion d’une collecte en ferme, nous n’avions récolté qu’un seul embryon. Nous avons donc posé trois embryons station, qui ont tous pris. De ces trois embryons sont nés SOLENZARA qui a un excellent niveau génétique et est devenue donneuse d’embryons. SURF, le taureau qui est actuellement au catalogue et qui est né chez nous. Et SALLIE, la pleine sœur de SURF qui a également un très bon niveau génétique. Dans le même esprit, le taureau MITSUKO est né chez nous.

Le fait de poser des embryons station nous a fait avancer rapidement en génétique, et le génotypage nous permet d’observer directement nos résultats et de mettre les chiffres en face. Je fais entièrement confiance à Willy sur le choix du taureau pour les accouplements. Aujourd’hui nous sommes vraiment satisfaits de notre niveau génétique et du troupeau de façon globale. Dans la famille, nous sommes passionnés de génétique et de concours. »

 

Une technicité génétique performante et gagnante

 

Pour Willy Quiron-Blondin, Technicien de Race Montbéliarde au GAEC de Pomeyrieux, « depuis 2018, quand on a commencé à génotyper, on a tout de suite détecté énormément d'animaux qui ont pu intégrer le schéma de sélection. Lionel a parlé de l'évolution de la génétique de son troupeau. Aujourd'hui, en 2022, ce sont 25 génisses génotypées à plus de 158 points d’ISU. Une évolution qui est très favorable. Et là-dessus ont été rajoutés des embryons station, ce qui a permis de monter de façon très importante ce niveau génétique.

Quand on parle des embryons station aussi, il y a des choses qui ont beaucoup bougé très rapidement puisque sont nés, comme l'a dit Lionel, MITSUKO, et SURF, deux taureaux qui sont proposés au catalogue aujourd'hui. En termes de résultats de génotypage et d'indexation sur les femelles issues de stations ou, comme d'autres ici, on a un niveau qui est très élevé.

On a le cas de SOLENZARA qui est issue d'embryon. Au vu de son indexation très favorable avec 1400Kg de lait et 174 points d’ISU, c'est une femelle qui a réintégré elle-même la station pour avoir un parcours de donneuse en 2022. On a aussi la pleine sœur de SURF qui s'appelle SALLIE, qui est au même niveau d'indexation avec pratiquement 1500 kilos de lait.

Aujourd’hui la chance qu'on a sur l'exploitation, en plus de ces embryons station, c’est une souche qu'on a travaillée depuis très longtemps sur l'exploitation, depuis quatre générations. Avec un tel niveau d'indexation, aujourd'hui, on a un box constitué exclusivement de femelles qui sont qualifiées génisses à taureaux dans le cadre du schéma de sélection Umotest. Pour moi, c'est la Rolls Royce de la Montbéliarde, ce n’est pas souvent que l’on voit ça en élevage, avec un tel niveau génétique.

Sur cet élevage on a 30 femelles qui sont indexées à plus de 160 points d’ISU, bien plus que ce dont on a besoin pour le renouvellement. En tous les cas on fait le maximum, en parfait accord avec l'éleveur pour choisir ces animaux. Ce n’est pas toujours facile au vu de la complexité du système. On a 80 % des femelles qui sont en semence sexée, et 20 % des accouplements sont réalisés dans le cadre du schéma de sélection pour des femelles à taureaux. »

 

Ces articles pourraient également vous plaire

Génétique

l'intérêt du pointage, Par Charlotte Gayet, Xperte CREA

Depuis l’avènement de la génomique et du génotypage, la nécessité de recourir au pointage apparaît moins évidente pour de nombreux éleveurs. Charlotte GAYET nous éclaire sur l’intérêt de cette pratique…

Génétique, Bovins Lait, Génotypage

Comment le génotypage nous permet d'aller plus vite, plus loin ?

Marion et Nicolas Mounier, du GAEC des Acajous à Saint-Sylvestre en Ardèche, grands passionnés de génétique, ils utilisent le génotypage en systématique depuis 2018. Rencontre avec ces amoureux des vaches dont certaines atteignent 13 lactations...

Génétique, Génotypage

10 ans après son lancement, le génotypage ne finit pas de convaincre !

Installé en Gaec en Isère, Jérémy DURAND est un jeune éleveur qui a pour ambition d’améliorer les performances techniques et économiques de son troupeau Montbéliard grâce au génotypage pour mieux connaître la valeur génétique de ses vaches.