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Le génotypage : un investissement durable et rentable

Le génotypage : un investissement durable et rentable

10 ans que la génomique est née, impliquant le renouvellement des taureaux et un nouveau pilotage de la stratégie de renouvellement des troupeaux.

Témoignage

Nous génotypons maintenant toutes nos femelles pour pouvoir effectuer un tri efficace au moment des accouplements et atteindre rapidement une production de 6800 kg de Lait en moyenne par an. 

Jérémy TURI et Mélanie LONGO
GAEC Le Petit Moneton à Monestier de Clermont (38)

10 ans déjà que la génomique a vu le jour, impliquant le renouvellement rapide des taureaux et une nouvelle façon de piloter la stratégie de renouvellement en élevage, beaucoup plus précise et rationnelle, basée sur la connaissance poussée des index des mâles et des femelles.

Aujourd’hui, les éleveurs ont franchi le pas et adopté le génotypage, outil indispensable de pilotage technico-économique, dont le nombre ne cesse d’augmenter. Sur les 2 derniers exercices de la coopérative, la progression du génotypage a été de +42%, toutes races confondues. La part des génisses génotypées augmente chaque année. D’abord utilisé par les éleveurs Montbéliards et Prim’Holstein, le génotypage convainc maintenant les éleveurs Abondance. Explications...

 

Tout éleveur rêve de posséder un troupeau constitué uniquement de « bonnes vaches » laitières ou à viande, hautes productrices, qui vêlent sans difficulté, qui ont des mamelles de fer et qui vivent longtemps sans que ces précédentes caractéristiques ne soient impactées.
L’arrivée du génotypage dans les élevages a révolutionné le travail de sélection et permis d’accélérer le progrès génétique. Par un simple prélèvement biologique de cartilage, il permet de lire l’ADN d’un individu pour connaître son potentiel génétique avant même qu’il ne s’exprime. Plus le génotypage est précoce, plus la stratégie de conduite des génisses est optimale !


La génomique au service du progrès génétique


Avant l’arrivée de la génomique, la confirmation du potentiel d’une génisse au travers de ses index lait, viande, cellules et morphologie n’était disponible qu’à l’issue de sa première lactation, avec une fiabilité inférieure à 40%. Aujourd’hui, le génotypage met à la portée de l’éleveur l’ensemble des index production et morphologie dès les premiers jours de vie d’une génisse avec une fiabilité prouvée pouvant atteindre 75% dans certaines races.

 

Il renseigne également sur les caractères à faible héritabilité, tels que la fertilité, la longévité, les cellules, la vitesse de traite et les facilités de vêlage pour lesquelles il n’y avait pas d’index officiels pour les femelles. Cette technique offre donc un repérage précoce et fiable des meilleures femelles, pour être capable de sécuriser l’avenir génétique du troupeau.


La génomique, une réponse à la variabilité génétique !


Depuis plusieurs années, la consanguinité dans de nombreuses races progresse rapidement. Par exemple, en race Abondance en 2018, 35% des individus sont cousins germains. Cet accroissement engendre des baisses de performances de reproduction telles que la fertilité ou l’apparition de nouvelles tares. Cette situation, préoccupante, peut être maitrisée notamment par la diffusion de taureaux reproducteurs aux pedigrees originaux. Un index « ISUO », permettant d’évaluer l’originalité d’un individu par rapport à la population a été créé. La mise en place du génotypage systématique des produits veaux et des reproducteurs candidats a permis d’identifier des individus issus de nouvelles souches et ainsi d’élargir les pedigrees des taureaux diffusés.

 

Les éleveurs nous en parlent !

Genotypage

Associés depuis 2017 au GAEC Le Petit Moneton en Isère, Jérémy TURI et Mélanie LONGO élèvent 40 vaches Abondances et 20 génisses par an pour une SAU de 130 hectares. Les animaux pâturent de mai à novembre. Les éleveurs fabriquent à la ferme : yaourts, glaces, crèmes, crèmes dessert, faisselles et fromages frais.

Pour pouvoir vivre de la transformation, leur objectif est de produire du lait en quantité avec de bonnes productrices pour atteindre les 6800 kg de Lait en moyenne par an. Ils recherchent donc des femelles productives dotées d’un bon gabarit, d’une mamelle fonctionnelle et de solides aplombs. Adhérent à l’OSRAR, le GAEC travaille en étroite collaboration avec les Techniciens de la race pour affiner sa stratégie de sélection et le tri des femelles sur la base des résultats de génotypage.

 

D’abord sceptique à l’arrivée des premiers jeunes taureaux génomiques, Jérémy explique en avoir très peu utilisé la première année :

« sur seulement 20% des accouplements. Mais je me suis rapidement rendu compte que les filles issues des accouplements avec des jeunes taureaux avaient des résultats de génotypage bien meilleurs ! Les taureaux génomiques permettaient aussi de varier les origines des accouplements, l’offre des taureaux confirmés étant limitée. Aujourd’hui, nous utilisons environ 85% de jeunes taureaux !»

Rapidement convaincus, les éleveurs génotypent maintenant toutes leurs femelles pour pouvoir effectuer un tri efficace au moment des accouplements.« Nous inséminons avec de la semence sexée les femelles qui obtiennent les meilleurs résultats génomiques, explique encore Jérémy. Cela nous permet de renouveler rapidement notre troupeau vieillissant. Les femelles qui affichent les potentiels les moins élevés sont inséminées en Charolais Excellence pour faire naître des veaux croisés bien conformés. Cette organisation nous permet d'avancer beaucoup plus vite. Le génotypage nous permet parfois de repérer des femelles inattendues. Les meilleures génétiques ne sont pas toujours celles que l’on croit ! »

 

Article réalisé en collaboration avec AURIVA-Elevage

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